Sankara
Auteur : Vinci Vince
Date : Octobre 2018 (photos prises en 11/2018)
Vinci Vince
C’est 30 ans presque jour pour jour après son assassinat que ce grand portrait de Thomas Sankara a été inauguré sur le pignon d’un immeuble d’Ivry-sur-Seine. On doit ce grand portrait à l’association de l’artiste Vinci Vince et de Mehrez Mraidi responsable de l’association Kinkiliha qui a pour objectif l’émancipation pour les plus jeunes dans les quartiers de la ville. 
Les deux hommes avaient déjà travaillé ensemble un an plus tôt sur le projet « Mohamed Ali » (voir ICI). La mayonnaise avait bien prise, ils cherchaient un nouveau projet à faire ensemble. C’est avant même d’avoir trouvé le mur qu’ils décident de mettre en avant Thomas Sankara. 
Ce projet pris tout de suite de l’importance pour les deux hommes. Ils tenaient à faire découvrir l’image de Sankara aux plus jeunes qui souvent n’ont jamais entendu parler de lui, de ce qu’il a fait pour son pays, pour l’Afrique. 
Après avoir été premier ministre puis mis sous résidence surveillée, Thomas Sankara est placé à la présidence du Conseil national révolutionnaire par un putsch militaire en août 1983. Après avoir constitué un gouvernement avec des forces gauche, il déclare ses objectifs : « Refuser l'état de survie, desserrer les pressions, libérer nos campagnes d'un immobilisme moyenâgeux ou d'une régression, démocratiser notre société, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilité collective pour oser inventer l'avenir. Briser et reconstruire l'administration à travers une autre image du fonctionnaire, plonger notre armée dans le peuple par le travail productif et lui rappeler incessamment que, sans formation patriotique, un militaire n'est qu'un criminel en puissance ».  
Thomas Sankara a réussi pendant quatre ans à mener une politique de justice sociale, inspirée de ses idéaux anti-impérialistes, panafricains et tiers-mondistes. C’est lui qui décida de changer le nom du pays de Haute-Volta à Burkina Faso - « Le Pays des Hommes intègres ». 
Thomas Sankara est renversé et assassiné lors d’un coup d’état organisé par son compagnon d’arme Blaise Compaoré le 15 octobre 1987. Les responsabilités et les circonstances de sa mort restent encore à ce jour un mystère, mais il semble bien que la France de la cohabitation de l’époque (François Mitterrand – Jacques Chirac) n’y soit pas étrangère. 
Pour revenir sur la fresque, Vinci Vence signe là sa réalisation la plus imposante – l’immeuble fait tout de même dix étages… Au bas de la fresque sont tagués quelques extraits de ses discours.
J’ai retenu : « Il faut choisir entre l’eau potable pour tous ou le champagne pour quelques-uns ».