La Bande à Piaf
Auteur : Ernesto Novo
Date : Août 2015 (photos prises en 11/2020)
Ernesto Novo
Vers 1790, Giles Dénoyez ouvre un établissement à cet emplacement qui est aujourd’hui le 8 rue de Belleville. Repris par un nommé Close, puis ensuite par un de ses fils, Jean-Claude, l’établissement ajoute une guinguette juste à côté, au 10, le « Grand Saint-Martin ». 
Le bal des « Folies de Belleville » est créé par deux fils de Jean-Claude dans les jardins de la guinguette. Après le lotissement du lieu, le bal se retrouve dans un bâtiment en dur avec une entrée dans la rue de Belleville et un café qui fait l’angle de la rue Dénoyez. 
En 1868, la salle est autorisée à tenir des « réunions publiques non-politiques ». Elle devient alors un haut lieu de rassemblement révolutionnaire. Pas moins de 124 séances remarquées pour la qualité et la violence de leurs débats s'y déroulent sous la présidence d'orateurs aux idées radicales proche du communisme et de la libre-pensée. Bien que son propriétaire antisocialiste refuse de louer la salle à partir de fin 1869, on peut estimer que cette salle aura ouvert la voie à l'avènement de la Commune de Paris quelques mois plus tard. 
Après le Commune, le « Bal des Folies » se consacre à la danse et à la chanson, on y représente des vaudevilles, des opérettes et des pièces de théâtre. Cette dernière activité supplante les autres de 1903 jusqu'à 1914, les Folies sont durant cette période rebaptisées « Théâtre Populaire de Belleville ».  
En 1915, les « Folies-Belleville » redeviennent un café-concert, qui présente des tours de chant de premier plan jusqu'en 1947, voyant passer entre autres Maurice Chevalier et Édith Piaf. Line Renaud y fait ses débuts parisiens en septembre 1945. 
Puis la salle est transformée en une salle de cinéma, fréquentée assidûment par le jeune Claude Moine, le futur Eddy Mitchell, un enfant du quartier. 
L'endroit devient enfin un magasin à la fin des années 1980. 
Le bar qui jouxtait les Folies est devenu un bistro parisien de quartier, il n'a pas disparu. Son enseigne « Aux Folies » conserve la mémoire du lieu, dans une décoration des années 1950. 

C’est donc en mémoire à ce lieu emblématique des années 50 qu’Ernesto Novo a réalisé ce beau tableau qui est exposé à l’extérieur du bistro.  
On retrouve Edith Piaf au centre de ses plus fidèles compagnons :  
- Yves Montand qui assura les premières parties d’Edith Piaf au début des années 40 au Moulin Rouge et qui entretiendra une romance amoureuse avec elle de 1944 à 1946. 
- Jean Cocteau qui .avait fait débuter Edith Piaf au théâtre en 1940 dans sa pièce « Le Bel Indiffèrent », et entretenu avec elle une très forte amitié de plus de 20 ans. Certains diront que la mort précipitée de La Môme a précipité celle de Jean Cocteau qui est mort le lendemain, le 11 octobre 1963. 
- Raymond Asso qui prend en main la carrière d’Edith Piaf en 1935 en lui donnant des leçons de chant et en lui écrivant plusieurs chansons – dont Mon Légionnaire en 1936. 
- Marcel Cerdan qui fut probablement l’amour de sa vie, et dont la mort accidentelle dans la nuit du 24 au 25 octobre 1949 sera le début de la descente aux Enfers pour Edith. 
- Jacques Pills qui écrivit avec Gilbert Bécaud « Je t’ai dans la Peau » et épousa Edith Piaf en septembre 1952 à New-York (ils divorceront cinq ans plus tard). 
- Georges Moustaki qui rencontre Edith Piaf à la fin des années 50 et lui écrira quelques chansons, dont Milord en 1959. La carrière de Georges Moustaki doit beaucoup à Edith Piaf.