Avec l’ambition d’écouter la voix des artistes d’hier et d’aujourd’hui, le Petit Palais invite chaque année des artistes contemporains à s’exprimer au cœur de ses collections permanentes.
Pour cet hiver 2025-26, c’est Bilal Hamdad qui présente une vingtaine d’œuvres qui font échos à celles de Gustave Courbet, Léon Lhermitte et bien d’autres. Les œuvres ont été exposées du 17 octobre 2025 au 8 février 2026 sous le l’intitulé « Paname ».
Je découvre ici Bilal Hamdad, un artiste algérien qui vit en France depuis ses études suivies à Bourges puis aux Beaux-Arts de Paris à la fin des années 2010. Il se fait vite remarquer par ses grandes peintures à l’huile élaborées à partir de photographies prises sur le vif, des scènes urbaines prises dans le métro parisien ou sur des terrasses de cafés. En opposant anonymat et intimité, son œuvre met en scène de façon très réaliste une expérience métropolitaine universelle.
Cette expérience s’allie à un regard engagé, un travail sur la lumière, ainsi qu’à des inspirations variées, allant de Hopper à Rubens, en passant par les impressionnistes. De cette manière, il explore divers faits de société dans leur complexité, de la solitude au métissage culturel.
La liste des œuvres exposées dans l’ordre d’affichage :
- L’angélus (2021) : Un jeune homme absorbé dans ses pensées au métro Cité
- Immersion nocturne (2024) : Une scène dans la lignée des cafés modernes d’Edouard Manet ou Edgar Degas.
- Le Mirage (2021) : Sur le quai du métro Arts-et-Métiers, une femme de dos est absorbée par son téléphone.
- Sérénité d’une ombre (2024) : Un serveur se détache derrière un comptoir en marbre veiné. Le bol de mandarines, la fleur et les verres font explicitement référence au tableau « Bar aux Folies-Bergères » d’Edouard Manet.
- L’Odalisque (2023) : Le contraste entre la femme à peine revêtue d’un drapé reproduite sur l’affiche qui reprend le tableau de François Boucher et la jeune femme voilée qui se dérobe à l’angle du couloir du métro, un contraste qu’on voit au quotidien.
- L’attente (2020) : Le cadrage de ce personnage immobile, mains dans les poches et visage caché nous interroge sur l’invisibilité sociale eu cœur du tumulte urbain.
- Nuit égarée (2023) et l’Horizon (2022) : Deux œuvres qui mettent en scène des corps allongés tels les gisants d’un tombeau. L’artiste s’est inspiré du tableau « Ophélie » de John Everett Millais.
- Louise (2021) et Tamara (2022) : Ces deux portraits sont des proches de l’artiste qui posent de manière spontanée, sans mise en scène. L’idée est de capturer une individualité, une présence particulière.
- Birane (2019) : ce portrait cadré de prête est celui du modèle de l’Angélus.
- Lueurs d’un soir (2024) : Un clair-obscur qui fait référence aux « Ménines » de Diego Vélasquez.
- Reflets (2024) : Le globe orangé est une évocation du « Soleil couchant sur la Seine à Lavacourt » de Claude Monet.
- Paname (2025) : Une œuvre de grande taille qui a donné son nom à l’exposition.
- Rive droite (2021) : Les personnages sont ici figés dans un mouvement suspendu. La scène nous dépeint le métissage culturel et social du Nord de Paris à la sortie du métro Barbès-Rochechouart. On aperçoit en haut de l’escalier le modèle qui pose dans le tableau « L’atelier de l’artiste » de Gustave Courbet.
- Le Café des anges (2022) : Le mouvement de torsion du vendeur de fleurs guide notre regard vers le portrait de femme qui se trouve dans un petit cadre, une citation de la « Vénus au miroir » de Diego Velázquez.
- Garçon sur trottinette » (2024) : L’artiste reprend ici la pose frontale du tableau « L’enfant à l’épée » de Manet.
- Olivia (2025) : Avec cette femme chaussée de sandales roses, l’artiste célèbre ici l’archétype de la féminité moderne : une jeune femme en mouvement, pleine de vie, à la silhouette vive et élégante. Un parallèle intéressant avec les autres œuvres qui la côtoient.